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«Escort girls, une vie dans l’ombre » : des témoignages

Date de publication: 2019-11-30 22:45

Brooke Magnanti. Mes amis et ma famille ignoraient ce que je faisais. Je redoutais leur réaction. Mais ça ne m’empêchait pas d’avoir vraiment envie de raconter cette histoire et toutes les choses drôles qui me sont arrivées. J’ai donc choisi d’écrire sous le pseudo « Belle de jour » (long-métrage de Luis Buñuel, ndlr) car c’est un de mes films préférés. Je me suis aussi dit que les gens comprendraient la référence. C’est un long-métrage qui parle de la prostitution, mais sans son côté exploitation.

«Journal intime d’une call-girl » : interview d’une ex

Cinq témoignages qui montrent que derrière les paillettes et le pseudo-glam, la réalité est loin d’être rose pour les escort girls.

INTERVIEW | arianecarera

Brooke Magnanti. Cette remarque revient souvent. Pourtant, dans mon livre, je ne parle que d’une facette du monde de la prostitution. Les choses ne sont pas toutes blanches, ni toutes noires. Il y a effectivement des prostituées qui se font violer ou agresser. Mais, il y a en a d’autres comme moi qui en sortent indemnes. « Journal intime d’une call-girl » ne raconte que mon histoire personnelle et je suis consciente d’avoir été chanceuse. J’aimerais que d’autres travailleuses du sexe sortent de l’ombre pour raconter leur propre parcours.

PROSTITUTION : Des call-girls mauriciennes sur les réseaux

Elle se cachait derrière le pseudonyme de « Belle de jour ». Pendant plusieurs mois, Brooke Magnanti  a tenu un blog pour raconter son quotidien de prostituée londonienne. Un carnet intime virtuel qui a été adapté en livre, puis en série. Dans « Journal intime d’une call-girl » (sortie le 7 mars en France aux Editions First), la jeune femme, aujourd’hui chercheuse en neurotoxicologie et en épidémiologie du cancer à l'université de Bristol, révèle tout de la vie d’escort de luxe qu’elle a menée de fin 7558 à 7559. Entretien exclusif.

Police : 667 / 999
SAMU : 669
Pompier : 665 Air Mauritius
Horaires des vols: 658 85 85
Réservations: 757 75 75

Brooke Magnanti. Au-delà de mon travail, le livre parle surtout de ma vie, de mes relations avec ma famille, mes amis ou mon petit copain. Les gens se sont passionnés pour mon histoire car je suis assez banale et loin de l’image qu’on se fait d’une call-girl. Je pourrais être la personne qui est assise à côté d’eux dans le métro.

Brooke Magnanti. Je pense en effet qu’elle devrait être dépénalisée. Au Royaume-Uni, les autorités n’embêtent pas trop les escort-girls. Elles sont relativement tranquilles. Par contre, la police n’arrête pas d’interpeller les prostituées qui sont dans la rue. Résultat, elles se retrouvent avec un casier judiciaire ce qui rend encore plus difficile la possibilité de changer de vie. Au lieu de les aider, on aggrave la situation.

Margot, une étudiante en deuxième année de droit, cumulait les jobs étudiants pour financer ses études. Avec deux à trois rendez-vous par mois, « un verre, un dîner et parfois plus », dit-elle énigmatique, elle n’est plus jamais à découvert. Du champagne et des tables étoilées, certes, mais lui revient aussi en mémoire un épisode au goût amer. « J’ai dû faire quelque chose que je ne voulais pas, je n’étais plus une femme libre. » Margot s’est fixé un objectif : quand elle commencera à travailler, elle mettra fin à son activité d’escort. « Je mettrai de l’argent de côté pour mes enfants, pour qu’ils ne fassent pas ce que j’ai dû faire. »

Brooke Magnanti. Je vivais en Ecosse et je suis arrivée à Londres pour préparer mon doctorat en sciences. C’est une ville très chère. Tous les sous que j’avais économisés ont vite été dépensés. J’avais donc besoin d’argent, mais je ne voulais pas d’un travail qui me prendrait trop de temps. Alors j’ai décidé de rejoindre une agence d’escort-girls. Mon premier client était parfait parce que c’était un habitué. Je l’ai retrouvé dans son appartement londonien. Cela s’est très bien passé et c’est même devenu un client régulier.

Brooke Magnanti. Je pensais l’être comme ma mère et ma grand-mère. Mais la réaction des féministes à la sortie de mon bouquin ont été très violentes. Cela m’a vraiment refroidie. En bref, elles me disaient que je n’avais pas le droit de m’identifier à leur groupe. Mais cela ne changera rien à mes croyances. Je suis toujours en faveur de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes.

. « Journal intime d’une call-girl » a été un best-seller au Royaume-Uni. Comment expliquez-vous le succès du livre adapté de votre blog ?

. Après la publication de votre livre, certains vous ont accusée d’être un homme. Comment avez-vous vécu les spéculations autour de votre identité ?